Ce que tu fais, fais-le bien. A l’heure des vœux, je partage avec vous ces mots simples, qui sont ma devise depuis que le club INSEP Alumni m’a remis le prix Micheline Ostermeyer au Comité National Olympique pour mon double parcours sportif et professionnel. C’était la devise de Micheline, double championne olympique d’athlétisme en 1948 et pianiste virtuose. Ces mots ont résonné en moi car ils expriment, simplement, la manière dont j’essaie d’avancer chaque jour, pas à pas.

Ce que tu fais, fais-le bien. Ce n’est pas une bonne résolution un jour par an, plutôt une pensée de chaque instant, une clé du bien-être.

Certes, cela devient complexe dans un monde qui nous pousse vers l’inaction, le corps et l’esprit figés, affligés par ce déluge d’information, par cette norme pesante et un divertissement constant : personne n’est à l’abri quand le temps de penser à ce qui est bon pour soi est réduit à néant.

Ce que tu fais, fais-le bien, cela sera pourtant toujours à portée de main, comme une promenade où le corps et l’esprit sont laissés tout entier aux variations de la nature, comme un lever de soleil dont on ressent la chaleur des premiers rayons, comme un sourire que l’on donne abondamment et dont on perçoit en retour l’énergie qu’il procure autour de soi.

Cette clé du bien-être sera toujours à portée de main, dans le soin accordé aux détails, dans la sincérité du geste et le temps consacré à chaque chose. Car cela n’a rien à voir avec le fait de gagner, de faire mieux que les autres ou d’établir des records. Mon nom est inscrit depuis près de dix ans dans le Guinness World Records pour avoir marché plus de 2.000km en Antarctique, j’ai amélioré un record de France d’athlétisme en courant plus de 253km en 24h, le record de l’Ultra-Marin 175k, celui des 100k de Millau. J’ai remporté des titres et des médailles. Mais ces marques éphémères n’ont jamais fait mon bonheur. Ce sont des chiffres. Ma joie de vivre, je la retrouve chaque jour dans ma quête du beau geste à l’entraînement, dans cette envie intacte de faire bien chacun de mes projets, avec mes forces et mes faiblesses.

Ce que tu fais, fais-le bien. C’est une clé du bien-être, mais cela ne veut pas dire que la porte est simple à ouvrir. Il faut souvent refaire, et refaire encore, avoir le sens de l’effort. Et pas qu’un peu. À la folie ! Parce que cette quête n’est jamais totalement satisfaite. Cela implique aussi de renoncer à certaines choses pour tenir ce cap de bonne exigence. Renoncer c’est choisir, et choisir c’est être libre. En 2023, j’ai renoncé à ma sélection en équipe de France d’athlétisme pour les Mondiaux, j’ai décliné la plupart des demandes d’intervention en entreprise et dans les médias. Difficile de dire « non », mais que dire du risque de se perdre dans un « oui » qui signifie faire à moitié ?

Alors je vous offre une clé et je vous souhaite de chérir cette liberté de choisir, d’ouvrir bien grand cette porte et d’aller vers le projet qui vous tient le plus à cœur.